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L'ACCÈS À KNOKKE

Comment arriver à Knokke ? Tous les chemins y mènent, comme à Rome. Je dirais même : toutes les voies, aériennes, maritimes, ferroviaires ou terrestres, peuvent y conduire. Non, l’avion n’est plus possible depuis la fermeture de l’aérodrome du Zwin en 1959, mais les nantis peuvent s’offrir l’hélicoptère, en atterrissant à l’héliport (à côté du cimetière !), voire dans leur propriété comme d’aucuns.


Si Léopold Lippens avait réussi à imposer son projet de marina face à la plage du Lekkerbek, là où trônent aujourd’hui les immeubles Finis Terrae, de grands voiliers ou de grands banks yachts auraient pu vous y déposer ; aujourd’hui le seul accès maritime à la cité balnéaire passe par les beachclubs, qui ne peuvent évidemment accueillir que des embarcations modestes, de moins de six mètres de long, et le jetski y est interdit. Le train dépose ses passagers à Knokke depuis 1920. Quant à s‘y rendre en voiture, je ne crois pas devoir vous faire un dessin.


Mais, du temps où Knokke était encore une bourgade perdue au bout du monde, les communications avec l’intérieur du pays étaient beaucoup plus difficiles, encore qu’elle dépendît du marché de Bruges. En 1774 un géomètre constatait: de geseyde prochie van Knocke is afgelegen van de marckt der stede van Brugghe, synde de eenighe vanwaer de inwoonders deser prochie hunnen menagiewaeren moeten halen… À l’époque la paroisse comptait 91 ménages, occupant 85 maisons et fermes autour de l’église Sainte-Marguerite et des hameaux ‘t Kalf, Oosthoek et Oud Zoute.


Aussi se recommandait-il de rejoindre Knokke en longeant la mer au travers des dunes, par exemple à cheval, comme le firent Napoléon, venu d’Ostende en 1803 et en 1811, et Léopold Ier, venu de Blankenberge en 1834.


À la fin du siècle les premiers touristes en feraient autant, comme Van Rysselberghe ou Verhaeren, arrivés en 1883 de la gare de Heist à dos d’âne ou de mulet. Entretemps en effet, pratiquement rien n’avait changé ; jusqu’en 1880 le village demeura caractérisé par une construction basse. L’urbanisation ne se ferait que lentement, en commençant par l’édification de quelques maisons et de quatre forges, puis plus tard d’un café, sur le chemin de (Weg naar) Westcapelle, d’où son nom ultérieur de rue Maréchal ou rue de la Forge (de nos jours la Smedenstraat).


Ce chemin de Westcapelle est longtemps resté la seule voie de communication avec l’intérieur du pays. Il débutait à l’auberge De Swaene, sise à l’angle de ce chemin et de la rue principale du village (aujourd’hui la Sebastiaan Nachtegaelestraat), se poursuivait vers le carrrefour Driewege, que rejoignait aussi la Keuveldijk (anciennement Knokse Dijk), puis cheminait par la Kragendijk. Le cabaret était ancien : les archives communales le mentionnaient déjà en 1626 ; en 1886, après l’arrivée des premiers touristes, il fut rebaptisé et devint l’Hôtel du Cygne.


Au nord du village une sente sablonneuse conduisait à la mer : le chemin de la mer (Zeeweg), devenu l’avenue Lippens. À l’est un lé, devenu la rue De Jude, menait à la Digue du Comte Jean. Suivant celle-ci alternativement au nord et au sud, il aboutissait d’abord au hameau ‘t Kalf et à son moulin. Puis il se poursuivait sur la digue même jusqu’au hameau De Vrede, près du Zwin. Un embranchement (aujourd’hui la rue Saint-Pol, Paulusstraat) conduisait de la digue du Comte Jean au hameau Oosthoek et ainsi à la digue Saint-Pol (aujourd’hui la rue du Hazegras). À l’ouest un chemin de terre conduisait à Heist. Au sud le sentier de la Caelfstraete avait été aménagé vers le milieu du XVIIe siècle pour desservir les fermes établies entre le hameau ‘t Kalf et la Keuveldijk, qui, située plus au midi, avait longtemps fait office de digue de mer.


Les premiers pavements furent placés à compter des années 1850 sur une largeur de trois mètres : en 1858 sur le chemin de Westkapelle, en 1865 sur la digue entre les hameaux ‘t Kalf et De Vrede, en 1868 sur la voie reliant ce hameau à celui de Schapenbrug (appellée Hazgraskalsijde), en 1869 sur le chemin de la mer, en 1891 sur le chemin vers Heist (appelé Heistsekalsijde) et en 1893 sur la route du Hazegras vers Retranchement.


La première liaison en tramway vers Bruges, via Westkapelle, établie en 1889 par une motrice à vapeur, se faisait, du moins à partir de Driewege, le long de la même route. Le train n’arriverait à Knokke qu’en 1920 et la nationale 31 ne serait ouverte que le 11 juillet 1936.


Avant les années 1960, la circulation routière demeurait évidemment relativement limitée : lors de l’exposition universelle de 1958 une publicité vantait le fait que le trajet en voiture de Knokke à Bruxelles ne prenait pas plus d’une heure !


 Extrait du dictionnaire ludique & érudit "Les Secrets de

Knokke-Le Zoute" par Alain Zenner - Edition Altura - 24,99 €




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