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BATAILLE NAVALE AU ZWIN EN 1340


Lors de la bataille navale de L'Écluse (Sluis) du 24 juin 1340, à la Saint-Jean, la flotte d’Édouard III d’Angleterre, prétendant à la couronne de France, anéantit celle qui était au service de son rival, le roi de France Philippe VI, composée de Flamands, Normands et Picards. Deux cents navires finirent par le fond devant l’estuaire du Zwin, la France perdant cent soixante-dix navires et vingt mille hommes. Ce fut la première bataille d'importance de la guerre de Cent Ans . Ici aussi, je cède la parole à Léon Lippens  :


« Au mois de juin 1338, Jacques van Artevelde avait obtenu des rois de France et d’Angleterre alors en guerre, la reconnaissance de la neutralité de la Flandre, comportant la liberté des échanges commerciaux avec l’un et l’autre des belligérants.

« Il sauvait ainsi sa patrie de la crise économique affreuse provoquée par l’interdiction de trafiquer avec l’Angleterre, interdiction imposée par le comte de Flandre, Louis de Nevers, vassal du roi de France.

« La trêve ne dura hélas pas longtemps et en janvier 1340, Jacques van Artevelde accepta l’offre d’alliance que lui fit le roi d’Angleterre Édouard III.

« Automatiquement, la Flandre se trouvait impliquée dans la guerre de Cent ans dont les premiers évènements se déroulèrent au pays du Zwin.

« Édouard III avait quitté la Flandre le 19 février 1340, après avoir conclu le traité d’alliance avec le Gantois. Il avait promis d’y revenir le jour de la Nativité de St Jean-Baptiste, c’est-à-dire le 24 juin.

« Le Roi de France, Philippe de Valois, résolut d’intercepter la flotte anglaise et peut-être de s’emparer du roi d’Angleterre.

« Le 8 juin déjà, sa flotte parut à l’entrée du Zwin. Elle se composait de 800 voiles, de 190 gros navires et de 35 000 hommes. Elle comportait aussi 30 galères commandées par un corsaire génois nommé Barbavara.

« L’amiral français, Nicolas Béhuchet, fit attacher ses navires les uns aux autres au moyen de chaînes, afin qu’ils ne fussent déportés par la marée. Ainsi arrimée, sa flotte attendit l’arrivée des Anglais, cachée derrière les dunes du rivage.

« Le 10 juin, le roi d’Angleterre, qui voulait embarquer le 12, fut averti du piège et retarda son départ jusqu’à ce que 300 navires l’eussent rejoint au port d’Orwell. Il ne cingla vers le Zwin que le 22 juin.

« Le lendemain, vers 3 heures de l’après-midi, les côtes de Flandre furent en vue. Le roi freina l’allure de ses vaisseaux et débarqua trois chevaliers sur la plage. Du sommet des dunes de Blankenberghe, ils aperçurent toute la flotte ennemie embossée dans le Zwin.

« Ils retournèrent aussitôt à bord et le roi  fit jeter l’ancre pour la nuit.

« Le 24 juin au matin, jour de la Nativité de St Jean-Baptiste, la flotte anglaise fut attaquée par les galères de Barbavara. Le corsaire était un habile manœuvrier et la bataille fut rude. Édouard III eut la cuisse perforée d’une flèche au moment où il se lançait à l’abordage : il n’en continua pas moins à se battre avec ardeur, vaillamment secondé par ses compagnons.

« Barbavara se voyant finalement vaincu, prit le large.

« Le commandant français qui avait refusé de gagner la haute mer, comme Barbavara le lui avait conseillé, crut la victoire assurée.

« N’avait-il pas quatre fois plus d’hommes que les anglais et une flotte plus nombreuse et plus puissant ? Les Anglais, en outre, n’avaient-ils pas été meurtris par le premier choc ?

« Plein d’orgueil et de confiance, il ordonna de rompre les chaînes qui retenaient ses bâtiments et les précipita sur la flotte d’Édouard que la marée poussait à présent dans le Zwin.

« Mal lui en prit. Une mêlée formidable s’engagea et les paysans des environs, accourus de partout, tuèrent tous les soldats échoués qui cherchaient refuge au rivage.

« Sur la mer, le combat fut indécis jusqu’au moment où les marins français entendirent les sons de trompes des marins flamands dont les embarcations, qui de Hoeke, qui de Monnikerede, qui de Damme, de l’Écluse, et même de Bruges, arrivèrent à la rescousse.

« Unis aux Anglais, ils anéantirent presque toute la flotte française. Sur 190 grosses nefs, 24 seulement réussirent à s’échapper.

« L’Amiral Nicolas Béhuchet tomba aux mains des Flamands qui le pendirent incontinent au sommet d’un mat. Pendant plusieurs jours, le Zwin roula des flots de sang et ses rives furent jonchées d’innombrable cadavres ».

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